26 février 2007
Sierra, fleurs sèches d'octobre 2003
Rencontre avec l'ouragan, Kenna
Vendredi 25 octobre 2002, Mexique.
Le car pris à Los Mochis dans la nuit s'approche du Pacifique. Grandes routes droites. La végétation change. Des fleurs partout. Des lianes, des cannes. L'air est chargé de parfums sucrés. Le ciel lourd. Il fait chaud et moite. J'avais initialement prévu de passer la nuit dans un village extraordinaire, au milieu des marais. Mexcaltitan_etoile_NB
Le chauffeur du car me le déconseille, et propose de me déposer à la route menant à San Blas, car c'est un "pueblo muy bonito". OK. Après 20 minutes, un taxi passe, je l'appelle, il m'emmène. 10 $ pour 25 kilomètres, c'est pas cher ! Arrivée au village. Petites maisons blanches. Une place centrale en carré, bordée de muriers. Des milliers d'oiseaux qui piaillent dans les arbres. Des petits commerces un peu partout. J'achète des chaussures et de la laine. Derrière le village il y a la forêt, puis l'océan. En cherchant les posadas, je vois les mâts des bateaux de pêcheurs derrière la végétation. Voilà, je m'installe dans un appartement spacieux.
Le responsable, Eric, un jeune d'une vintaine d'années est dans l'appart en face. Plus tard, je range mes quelques courses pour le repas du soir : dehors, une voiture avec hygiaphone passe en annonçant un ouragan force 4. Je sors, me renseigne auprès d'Eric. "Ce n'est pas un problème ! Ils disent toujours ça, mais il n'y a rien de grave ! Viens boire une bière ce soir à la maison, on sera entre amis."
OK. Au moment de rentrer, je lève la tête : impressionnant, le ciel implose.

15 minutes après, des bourrasques traversent l'appartement : les portes et fenêtres sont équipées uniquement de ferroneries. La nuit tombe tout d'un coup, et des éclairs ininterrompus s'abattent autour. La trouille ! Je me dépèche de tout ranger, et prépare mon sac à dos au cas où.
Sympa la bière chez Eric en face. Il y avait 3 surfeurs qui descendaient la côte. Ils ont vu 2 tornades au-dessus de l'océan, alors ils ont plié leurs tentes pour ce soir, à cause de la météo, et se sont fait inviter chez leur ami. Celui-ci n'est pas affolé, il me promet des cours de surf pour demain. Chouette ! Car je n'ai pas encore trouvé le temps d'aller à la plage.
2 heures du matin, on tambourine à ma porte : "Laura, viens, il faut partir, l'ouragan est trop fort, viens..."
10 secondes de doute... Je prends mon sac à dos et je les accompagne. Ils ont un van et on va se réfugier dans les montagnes de Tépic, chez la tante d'Eric. Sur la route, la population est évacuée par l'armée. Une grosse vague va venir. Il n'y a pas de digue, ici, et la terre est tendre, ce sont des marais. Alors la tempète emporte tout. Les bateaux que j'ai vu ont été rassemblés pour résister à la pression du vent et des vagues.
Seguridad_Publica_26oct2002_5777_LaGeig
Meridiano_26oct2002_5782_LaGeig
Mais 300km/h, ça fait beaucoup. Nous passons 3 jours chez la tante. Les 2 premiers jours, sans électricité. La tante nous sort les couverts en plastique, pour ne pas consommer d'eau. Tout est sombre. Nous passons beaucoup de temps devant les "telenovelas"...

J'étais à 50 mètres du Pacifique, je n'ai pas vu la couleur de l'océan... mais j'ai vu un ouragan.








